Comment évaluer son entreprise ?

Que ce soit pour céder ou reprendre une entreprise, il est essentiel de pouvoir estimer sa valeur avant de s’engager. Par « valeur », on n’entend pas « prix de cession » : il s’agit en fait de diagnostiquer les forces et faiblesses de l’entreprise, et d’évaluer précisément sa valeur économique réelle pour, éventuellement, déterminer son prix.

1ère étape : Réaliser un diagnostic

La réalisation d’un diagnostic portant sur les points forts et les points faibles de l’entreprise est une étape indispensable qui doit permettre au repreneur de valider (ou non) sa décision de reprise, et au cédant à évaluer son prix.

Afin de réaliser le diagnostic le plus complet possible sur l’entreprise et évaluer ses performances au plus juste, il est nécessaire de collecter le maximum d’informations et donc de consulter, a minima, les documents suivants :

  • Informations générales : l’extrait d’immatriculation, les statuts de la société, le procès-verbal de la dernière assemblée générale, le rapport des commissaires aux comptes, le rapport de gestion ou dernier rapport annuel.
  • Documents financiers : a minima les bilans des trois derniers exercices et annexes comptables, les comptes de résultat des trois derniers exercices, l’analyse détaillée du chiffre d’affaires sur les trois ou cinq dernières années, les relevés du ou des compte(s) bancaire(s) de l’entreprise et échelles d’arrêtés trimestriels, etc.
  • Autres documents : bail commercial, contrats divers, titres de propriétés, participations détenues, état des matériels, plan des locaux, etc.

Sur la base de ces documents, le diagnostic de l’entreprise consiste en fait à réaliser plusieurs diagnostics portant sur l’ensemble de la société : moyens, activités, santé financière, ressources humaines, aspects juridiques, composantes qualité-sécurité-environnement (QSE) :

  • Analyse/diagnostic des moyens : immobilier, implantation de l’entreprise, état du matériel, installations et équipements, stocks, organisation de la gestion, de la production et de la vente, et autres moyens de l’entreprise.
  • Analyse/diagnostic de l’activité : il s’agit de mesurer le potentiel du marché sur lequel évolue l’entreprise, d’évaluer la concurrence et les risques pesant sur ce marché, d’estimer la compétitivité de l’entreprise et son potentiel.
  • Analyse/diagnostic de l’état financier : évolution lors des dernières années des postes du bilan, du compte de résultat et des documents annexes, analyse du besoin en fond de roulement de l’entreprise, ou de son point mort prévisionnel.
  • Analyse/diagnostic des ressources humaines : rôle et les fonctions des salariés au sein de l’entreprise, risques liés au départ du dirigeant, mais aussi évaluer ses obligations en termes de respect des règles régissant les relations du travail dans l’entreprise, et concernant le transfert automatique des contrats de travail, lorsque cela est applicable.
  • Analyse/diagnostic juridique : comprendre l’organisation juridique de l’entreprise, identifier les contrats en cours et les obligations contractuelles qui y sont attachées ainsi que les risques afférents, et envisager la modification ou la conclusion de contrats selon le plan de reprise envisagé.
  • Analyse/diagnostic qualité-sécurité-environnement (QSE) : sécurité du personnel et des équipements, gestion des déchets et des diverses nuisances pouvant être générés par l’entreprise (bruit, fumées, odeurs, divers rejets), gestion des éventuels produits chimiques utilisés ou produits par l’entreprise, de conformité aux règles d’hygiène, etc.

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2ème étape : Evaluer son entreprise

Ce diagnostic préalable permet de réaliser l’évaluation économique de l’entreprise.

Différentes méthodes d’évaluation peuvent être utilisées pour procéder à l’évaluation économique de l’entreprise :

  • Les méthodes dites « patrimoniales » : elles visent principalement à évaluer ce que possède l’entreprise (les actifs) et à en soustraire la valeur de ses dettes pour obtenir l’actif net ou situation nette.
  • Les méthodes dites « de rendement » : il s’agit d’estimer la capacité future de l’entreprise à dégager des bénéfices, puis à en déduire sa valeur, tout en tenant compte du risque de non réalisation de ces bénéfices.
  • Les méthodes dites « comparatives » : elles consistent à comparer l’entreprise avec d’autres entreprises semblables, et dont la valeur de transaction est connue.

Comparaison des différentes méthodes :

MéthodeLes plusLes moinsUsage typique
PatrimonialeConstitue une bonne référence pour encadrer le prix.Méthode statique qui n’intègre pas la notion de rentabilité.Société « moyenne » et stable.Evaluation d’alternatives.
ComparativeSimple d’utilisation.Fourchettes larges.Nécessité de recourir à d’autres analyses.Commerce, artisanat.
De rentabilitéEconomiquement fondée.Permet de définir le montage approprié.Ne facilite pas la discussion entre repreneur et cédant (choix de multiple ou de taux ressenti comme arbitraire).Acquisition nécessitant le recours à un emprunt remboursé par les résultats de l’entreprise.
@BPIFrance

N’hésitez pas à vous faire accompagner

Il est souvent conseillé que l’évaluation de l’entreprise soit, si possible, réalisée par un professionnel compétent et occupant une situation de neutralité par rapport au repreneur et au cédant.

Généralement, les institutions ou interlocuteurs suivants peuvent être sollicités pour réaliser une évaluation :

  • les réseaux d’accompagnement et de formation : comme les chambres de commerce et d’industrie, les chambres des métiers et de l’artisanat ou les chambres d’agriculture, etc.
  • les conseillers spécialisés : notaire, expert de la branche d’activité, syndicat professionnel, etc.
  • le banquier du repreneur 
  • l’expert-comptable 
  • les services d’évaluation d’entreprises sur internet : certaines sociétés spécialisées proposent leurs services dans le cadre d’évaluation d’entreprise.

Quelle que soit la méthode utilisée ou le professionnel éventuellement sélectionné pour réaliser l’évaluation, cette dernière est toujours le fruit d’une estimation entre le cédant et le repreneur. C’est la raison pour laquelle l’évaluation ne permet généralement pas de fixer un prix exact de vente de l’entreprise, mais plutôt de donner un ordre de grandeur qui sert de base de négociation.

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