Numérique responsable : Et si nous adoptions les bons réflexes ?

Face aux enjeux d’une société de plus en plus digitalisée et de plus en plus dépendante des services numériques, et indépendamment des bénéfices environnementaux que certains de ces services numériques peuvent fournir,  l’ADEME a souhaité alerter sur les impacts environnementaux négatifs du numérique et identifier les leviers pour les réduire. Focus.

Le numérique est en effet responsable de 3,5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et la forte augmentation des usages laisse présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025.

Afin de répondre aux objectifs 2030 et 2050 de la Commission européenne et aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris, le Gouvernement a confié à l’ADEME et l’Arcep une mission pour mesurer l’empreinte environnementale du numérique en France et identifier des leviers d’actions et des bonnes pratiques pour le réduire

Quels sont les principaux impacts environnementaux des services numériques en France en 2020 ?

A l’échelle de la France :

  • La consommation électrique pour les services numériques en France est estimée à 48,7 TWh, ce qui peut être comparé à la consommation totale de 475 TWh, signifiant que les services numériques sont responsables de 10% de la consommation électrique française, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 8.282.000 foyers français.
  • L’empreinte carbone des services numériques en France est égale à 16,9 Mt CO2 eq., ce qui peut être comparé au 663 MT CO2 eq. total, signifiant que les services numériques sont responsables de 2,5% de l’empreinte carbone de la France – légèrement supérieurs à l’équivalent du secteur des déchets en France (2%).
  • 62,5 millions de tonnes de ressources (MIPS ) sont utilisées par an pour produire et utiliser les équipements numériques.
  • 20 millions de tonnes de déchets produits par an sur l’ensemble du cycle de vie.

À l’échelle d’un citoyen :

  • Les impacts moyens annuels de l’utilisation du numérique sur le changement climatique sont similaires à 2.259 km en voiture / habitant.
  • La production de déchets est égale à 299 kg / habitant sur l’ensemble du cycle de vie des équipements (de leur fabrication à leur fin de vie).
  • La masse de matériaux déplacée durant la phase de fabrication est égale à 932 kg / habitant.

Quelles sont les principales causes responsables de l’impact environnemental du numérique ?

L’analyse des impacts environnementaux du numérique démontre que c’est la phase de fabrication qui est la principale source d’impact (78 % de l’empreinte carbone) :

  • Les équipements relatifs aux services numériques sont très demandeurs en énergie pour leur fabrication. Cette énergie est principalement produite dans les pays avec un mix énergétique fortement carboné (comme en Asie ou aux États-Unis), ce qui entraîne de forts impacts.
  • Ces équipements utilisent une quantité importante de métaux stratégiques. Ces matériaux requièrent également beaucoup de ressources et d’énergie pour leur extraction et génèrent beaucoup de déchets.

Sans compter que dans de nombreux pays, ce sont les enfants qui sont envoyés pour extraire ces métaux.

La phase d’utilisation représente 21 % de l’empreinte carbone, majoritairement liée à la consommation d’électricité. Même s’ils ne sont pas négligeables, la distribution présente des impacts moins importants.

La fin de vie des équipements numériques présente des impacts négatifs si ces équipements ne sont pas triés et collectés pour alimenter les filières de recyclage et de valorisation, et donc peuvent avoir des impacts positifs grâce au recyclage. Ce qui confirme l’importance des politiques visant à allonger la durée d’usage des équipements numériques à travers la durabilité des produits, le réemploi, le reconditionnement, l’économie de la fonctionnalité ou la réparation.

L’étude montre également que es premiers responsables des impacts du numérique sont les terminaux « utilisateur », c’est-à-dire les appareils électroniques (entre 64% et 92% des impacts, en premier lieu les écrans de télévision), suivi par les centres de données (entre 4% et 22% des impacts) et les réseaux (entre 2% et 14 %).

LesAmbassadeursFR a fait le choix d’une démarche éco-responsable : Notre application LesAmbassadeursFR.com est hébergée chez Infomaniak, entreprise indépendante basée exclusivement en Suisse, fondée en 1994 et détenue à 100% par ses fondateurs et ses employés. Hébergeur écologique, il utilise 40% d’énergie verte et 60% d’énergie hydraulique.

Le reconditionnement pour réduire l’empreinte écologique du numérique

Un smartphone pour communiquer, un ordinateur pour jouer ou travailler, une tablette pour apprendre, une console pour se divertir…

Le taux d’équipements des Français est environ de 15 équipements connectés par personne, soit bien supérieur à la moyenne mondiale qui est de 8. Or, les appareils numériques sont parmi les plus complexes à produire et les moins durables.

Face aux défis environnementaux posés par la numérisation croissante de la société, le réemploi des appareils numériques est un enjeu primordial et un intérêt réel pour l’environnement.

Bien que marginal par rapport aux neufs, le marché des smartphones reconditionnés est en forte croissance ces dernières années : plus d’un tiers des Français ont désormais acheté un smartphone de seconde main mais 82% comptent encore acheter neuf, leur prochain téléphone.

Afin de maximiser les effets environnementaux positifs du reconditionnement des smartphones, l’ADEME met à disposition des recommandations et des bonnes pratiques à destination des utilisateurs, des reconditionneurs, des plateformes de distribution et des législateurs.

Les bonnes pratiques au niveau des utilisateurs :

  • Privilégier les produits issus d’un reconditionnement local en circuit court ;
  • Ne pas choisir des produits ayant fait leur entrée sur le marché trop récemment afin de ne pas encourager à une fin de première vie prématurée et ne pas favoriser un marché du reconditionné basé sur la surconsommation ;
  • Choisir des équipements plus anciens pour être dans une dynamique réelle d’économie circulaire et de seconde vie ;
  • Garder son mobile reconditionné le plus longtemps possible ;
  • Ne faire l’acquisition d’accessoires que lorsque cela est nécessaire.

Les bonnes pratiques pour les reconditionneurs :

  • Reconditionner son équipement au plus près de son marché avec des produits issus du même marché ;
  • Privilégier les pièces de rechanges de seconde main ;
  • Ne pas systématiser les changements de pièces ;
  • Optimiser le packaging par son volume, sa masse et ses matériaux ;
  • Mettre en place une offre de SAV ou d’économie de la fonctionnalité qui permettrait de ne pas remplacer les pièces systématiquement mais d’utiliser les pièces d’autres équipements déjà utilisées.

Les bonnes pratiques au niveau des plateformes de distribution :

  • Développer la reprise ou la collecte des mobiles inutilisés et remplacés par les consommateurs, pour alimenter les reconditionneurs ;
  • Mettre en avant les produits en circuit court ;
  • Mettre en place avec les reconditionneurs une offre de SAV ou d’économie de la fonctionnalité qui permettrait de ne pas remplacer les pièces systématiquement.

Les bonnes pratiques au niveau du législateur :

  • Rendre l’ajout d’oreillette / kit main libre optionnel et accessible sur demande, afin de réduire le gaspillage lié aux accessoires non utilisés ;
  • Mettre en place des mesures permettant d’allonger les durées de vie et d’usage.

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