L’engagement syndical : Rencontre avec Serge Viguier

Artisan depuis 1987, d’abord comme conducteur de taxi puis, depuis 2019, comme chauffeur VTC, Serge Viguier porte en lui un engagement syndical sans faille, hérité de son père, pour défendre et promouvoir l’artisanat face aux grands enjeux de notre société. Rencontre.

Serge Viguier n’a que 19 ans lorsqu’il décide de s’inscrire sur la liste d’attente pour obtenir une carte professionnelle de taxi à Mauguio (près de Montpellier) qu’il obtient en 1988. Dans la foulée, il crée son entreprise de taxi et obtient l’autorisation de stationner à l’aéroport Montpellier-Méditerranée.

Dès son installation, il se « syndique » au sein de la Fédération artisanale que préside son père et s’engage pour défendre les intérêts de la profession : un « devoir familial ».

Pourriez-vous nous parler de votre engagement syndical

Il faut comprendre que dans les années 80′, lorsqu’on parlait d’entreprises, il était souvent question des grandes entreprises, « des grands patrons », représentées par le CNPF. Ces derniers combattaient le temps de travail à 39 heures, la cinquième semaine de congés payés, les nationalisations … Et les artisans étaient « exclus » parce que considérés comme ayant « un pouvoir économique très faible ».

A cette même époque, l’Union Professionnelle Artisanale – UPA – a vu le jour en regroupant au sein d’une seule et même « famille » les différentes organisations qui représentaient l’artisanat du bâtiment (CAPEB), l’artisanat de la fabrication et des services (CNAMS) et de l’alimentation en détail (CGAD).

Mon père était alors Président d’une Fédération des Taxis et il était « normal », voire rassurant, pour un artisan qui s’installait de se syndiquer auprès de son organisation représentative, d’abord et surtout pour être tenu au courant des évolutions de sa profession, ne pas être isolé et être aidé en cas de problème, mais aussi pour donner du poids à ses représentants professionnels pour faire évoluer le statut des artisans.

C’est ce que j’ai fait, dès la création de mon entreprise.

En 2009, pour répondre aux attentes et inquiétudes de nombreux collègues taxi qui ne se reconnaissaient plus dans la fédération existante, nous avons décidé d’en créer une nouvelle qui devait, notamment, permettre de défendre les intérêts de notre profession suite au dépôt du rapport « Attali » qui visait à déréglementer notre secteur d’activité, ainsi qu’à l’arrivée d’applications faisant la promotion du travail clandestin.

Notre profession « Taxi » a été l’une des premières à être confrontées à cette volonté politique d’ultra-libéralisation à outrance qui n’avait pour but que d’affaiblir les petites entreprises que nous sommes pour satisfaire les lobbies économiques d’une poignée de multinationales. Et quand bien même nous avons pu être critiqués du fait de comportements que nous avons nous-mêmes condamnés, je suis fier de m’être impliqué pour défendre nos entreprises contre cette « uberisation » de la société.

Je précise que notre action ne s’est pas uniquement concrétisée dans le cadre de mouvements sociaux : notre fédération a été l’une des premières en France (2013) à proposer une application permettant la commande dématérialisée des taxis. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le Gouvernement a fait le lancement officiel du fameux « OpenData Taxi » (Le.Taxi) à Montpellier en 2015.

Présider cette fédération m’a permis d’être en contact quotidiennement avec les instances consulaires, tant artisanale que de commerce et d’industrie, mais également les institutions telles que la Région, conseil départemental, collectivités, Préfecture, offices du tourisme, aéroport … ou encore notre ministère de tutelle.

En 2019, suite à des problèmes de santé, j’ai été contraint de changer d’activité professionnelle et suis devenu Chauffeur privé.

Mais j’ai continué mon engagement en rejoignant la Chambre Syndicale Nationale des Entreprises de Remise et de Tourisme (CSNERT), fédération professionnelle historique des Exploitants de Voitures de Transport avec Chauffeur, également adhérente à la CNAMS [Confédération Nationale de l’Artisanat des Métiers de Service et Fabrication] et à l’U2P [Union des Entreprises de Proximité]. Et aujourd’hui, je suis délégué de cette organisation pour le département de l’Hérault.

Egalement, depuis l’année dernière, j’ai décidé de rejoindre un groupement politique pour porter la voix des entreprises de proximité auprès de nos élus.

Pourquoi se syndiquer aujourd’hui ?

Je suis artisan, entrepreneur de proximité et j’exerce seul.

La première des raisons est donc de pouvoir développer mon réseau et rencontrer des confrères, échanger sur notre métier, des problématiques et des solutions, accéder à des services essentiels comme les conseils juridiques, les informations sur les évolutions législatives et réglementaires. Egalement bénéficier d’offres commerciales.

Aussi et surtout, « donner du poids » à la représentativité de notre profession qui, comme pour les chauffeurs de taxi, est malmenée par les applications et plateformes. Et « donner de la voix » en représentant mes collègues au sein des commissions et instances locales, régionales ou nationales.

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Au plaisir de vous conduire

1 réflexion au sujet de « L’engagement syndical : Rencontre avec Serge Viguier »

  1. Un vrai Artisan,toujours pleins d idées porteur de solutions et d un engagement sans faiblesse. Merci à toi l Ami Serge.

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